Meurtre en vers et contre tous.

6 Déc ’04
19:36

Elle était là, dans l'escalier.
Mais comme si souvent répété :
Un accident est si vite arrivé.

Un coup dans le dos, sec et brutal
Trois marches loupées lui furent fatales.
Atteinte elle est, l'épine dorsale.

Cassée en deux, en bas de marche
Perdue, elle a, tout son panache,
Vite la rouler dedans la bâche.

La prenant par dessous les bras,
Ma grande surprise, quelle ne fut pas,
Voir que cette chute ne l'acheva.

Forcée, contrainte, je décidai
D'y mettre du mien à coups de balai
Jusqu'en parler à l'imparfait.

Gisant maintenant,
Dedans son sang,
Cacher le corps pendant un temps.

Le calme venu, sortir enfin
Et constater que le malin
Ne meurt jamais parmi les siens.

A coeur vaillant, rien d'impossible,
La brûler vive, telle fut ma cible
Pour faire cesser l'indéfectible.

Forte d'un triomphe, criant victoire
Arrivant vite, des hommes en noir
Me firent avouer dans un parloir.

Perdue en taule, voilà une fin
Qui, je l'admets, me plaît moyen
La haine en plus, c'est d'un commun.

Il me faut donc mettre un hola,
Je le confesse, rien de tout ça,
N'est arrivé ou n'arrivera.

Ce qu'il me faut,
Dès maintenant,
C'est d'alterner,
Les rimes en "o",
Les rimes en "en",
Et puis m'ôter,
Ce sentiment,
Présent,
Bien trop.
Qu'est de vouloir,
Foutre le camp,
Quitte à avoir,
Du monde à dos.

Aussitôt dit, aussitôt fait,
Six mois plus tard, voilà que j'ai
Arrêter d'dire "Demain, j'y vais"
Je ne suis plus, celle que j'étais
Celle qui subit, celle qui se tait.

J'ai pris stylo et puis papier,
Trempé ma plume, dans l'encrier,
Ecrit mes maux par honnêté.

J'ai dit, c'est trop, je n'en puis plus
A moi chômage, sans rien sans dû,
Franchement sérieux, j'ai mal au cul.

La forme en plus, je vous l'confie,
Reste à achever, mon préavis,
Et puis après, bin c'est fini.

Ma mort, jour apres jour.