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Un an déjà.

24
Jan ’06
00:48

Je ne crois pas avoir déjà dit à quel point janvier me galvanise. Pas autant que décembre et beaucoup moins que février, mais quand même.
En janvier arrive la période que je chéris le plus.
Le mois de la visite médicale où après avoir dit à la petite docteur que "tout va bien" elle me déclare apte à passer mes microbes à mes 400 élèves.
Le mois où je peux aussi me livrer à mon plaisir annuel : courir les magasins comme au sortir de 10 ans de rationnement pour enfin goûter au plaisir majestueux que peut représenter une ristourne de 40% sur un chemisier en coton.
Et puis aussi le mois de l'année 2006 où j'ai enfin un contrat tout neuf me libérant ainsi du joug chtonien de mon petit despote. Contrat foutage de gueule, certes, mais contrat de responsabilité quand même. (ouais, je sais, ça veut rien dire mais faut bien que je lui trouve un qualificatif autre que foutage de gueule, j'ai un ego tout de même).
Et enfin, last but not least, le mois de l'année où les fatals picards commencent leur squat aux blancs manteaux pour une série de plusieurs semaines. Et ça, ça met du soleil dans mes vacances à venir.

Mais le must des débuts d'année est incontestablement l'arrrivée des cacochymes awards. Les cacochymes award, c'est un peu ce qui me pousse à me lever le matin pour attendre l'an prochain. Ce qui me pousse à affronter périodiquement le site de l'UGC pour une réservation afin d'éviter le stress, l'angoisse et toutes ces choses affreuses contre lesquelles la chaîne de cinémas s'évertue à faire des campagnes de pub sensationnelles. Moi, je suis fière d'aller dans un groupe engagé et prêt à tout pour le bien être de ses clients. S'il pouvait maintenant se mettre au pop-corn arômatisé cyanure ou phosphore blanc pour les bovins qui ne savent pas que fermer sa gueule quand on mange est un concept élémentaire de bonne conduite, ils feraient de moi la plus heureuse des femmes.

Alors j'y vais.
Le premier m'a valu deux heures d'incontinence lacrymale. Ca ne fait pas forcément la qualité d'un bon film pour quelqu'un qui peut pleurer à la fin d'un épisode de l'Instit, mais Va vis et deviens est celui qui a le plus touché mon côté fille à mouchoir dans un ciné.
Le second m'a valu bien plus de deux heures de quelques réflexions sans mouchoir autour de café et surtout pas mal de discussions intéressantes. Le cauchemar de Darwin est de très loin celui qui a le plus touché mon côté humain. Enfin, ce qui s'en rapproche...
Le troisième c'est Dig. Parce que les poseurs et autres wannabe artistes me font bien marrer.
Viennent ensuite Moi, toi et tous les autres et Garden State parce que j'aime les premiers films qui ont la classe.
Mysterious skin. Aaah, enfin un film pédophile sur grand écran. (Allez, je le tente sans smiley).
Un rêve tchèque. J'aime les arnaques qui réussissent.
Following Sean. 2005 sera l'année du docu ou ne sera plus.
Don't come knocking. Quoi de plus merveilleux que d'aller voir un film sans rien en attendre et de ressortir enthousiasmée ? Rien, pas même 15 jours de soldes, c'est dire.
L'esquive. (Ah non, le maître de cérémonie ne me l'accorde pas) alors Rivers and tides parce que c'est beau comme une étiquette qui indiquerait 70% de rabais sur un pull Benetton (trônant sur un tas de clients morts de fièvre acheteuse).

Et comme j'ai quand même eu cette année un grand moment de cinéma, je tiens à rajouter une pierre à l'édifice des cacochyme awards. Je souhaiterais décerner le borborygmes award à mon pire film. Il y a toujours un film pour lequel on se dit qu'il est grand temps que certains intermittents se trouvent un vrai travail. Souvent ce film est français (french savoir faire, you know). Je le décerne de loin, de très loin, à "Travaux, on sait quand ça commence..." pire bouse officielle de l'année 2005. Ca place le barre très haut pour les années suivantes, mais les bronzés 3 sortant sous peu, je peux d'ores et déjà dire que 2006 ne sera pas en reste de ce côté là. Merci les artistes.

(Tout)Edit : non, malgré les apparences, je n'ai pas oublié le questionnaire bien que j'ai eu, je l'avoue, une envie de laisser tout tomber devant mon incapacité totale à m'épanouir face à trois fonctions PHP et deux requètes SQL. Mais je tiens quand même à rappeler que :
- non ce n'est pas une blague
- je remercie ceux qui m'ont dit "ouais super ! un questionnaire !"
mais que ça n'a pas non plus grand chose à voir avec ceux que se passent mes amis des blogs de l 'internet, je suis nettement moins imaginative et franchement plus terre à terre...

### Ma mort, jour apres jour.

Aaah les amis des bêtes...

19
Jan ’06
00:35

Déçue par les humains, jamais par mon chienZapping - France 2 :

"Mettons, la greffe est possible demain des hommes vers les chiens. Moi, pour mon chien. Mon chien à moi, ma fille, mon bébé, est ce que je lui donne un rein ? Oui, je lui donne un rein, je peux vivre avec un seul rein. Est ce que je lui donne une oreille ? Oui, je lui donne une oreille, je me fais sourde d'une oreille. Est ce que je lui donne un bras ou une jambe ? Ca, je sais pas..."

### What a wonderful weurld

Au bonheur des drames

4
Jan ’06
02:02
Janvier me déprime. Pas autant que décembre et un peu moins que février mais quand même. J'ai pourtant bien commencé l'année : aujourd'hui, j'ai enterré la hache de guerre. Un grand moment. Je pense d'ailleurs, sans vouloir me jeter des Orchydées violettes, que côté pardon et oubli de soi, j'aurais vraiment quelques cours à revendre. Mais restons humble, c'est venu tout seul et quand j'ai vu son corps sans vie au fond du trou, je n'ai pas pu m'empêcher d'y ajouter l'objet qui m'avait enfin ouvert son coeur.

Mais là, ce soir, j'avais comme un coup de blues. Le contre coup peut-être, je ne sais pas. Posés inertes et désargentés sur les quais de Seine dans l'attente d'un pathétique Paris Plage, mon compagnon d'infortune du moment et moi-même parlions suicide et politique intérieure. Ne me demandez pas comment on en est arrivés là, je vais vous le dire tout de suite. D'abord en sortant de Saint Lazare où il m'attendait avec son thermos et son sac BHV, on a pris la rue du Havre. Au bout, il a été un peu dégouté de ne pas pouvoir voir les putes dans les vitrines des galeries Lafayettes, mais je crois qu'il a bien aimé les chaussettes-marionnettes. Quelque part, ça lui a remis du baume au coeur. Et à moi aussi, un peu.
Rue Auber. Avenue de l'Opéra. Place du Palais Royal. Place du Carroussel et le quai du Louvre remonté un petit peu en amont. On s'est posé sur un banc, il a ouvert son thermos, j'avais les gobelets dans ma musette et, le vin chaud aidant, on entendait à peine voler les bâteaux mouches.

J'ai du mal à être à la hauteur avec lui. Il y a plus terrible que de ne pas croire en soi-même. Il y a ne pas croire en les gens avec qui on boit du vin chaud sur les quais de Seine au mois de janvier. J'aurais pu lui dire que c'était un type bien mais j'avais une sacré flemme ce soir. A son perpétuel ressassement sur la qualité de son boulot et ses sempiternels doutes sur l'intérêt qu'il aurait à continuer dans cette voie, je restais de marbre. Ma bonne conscience me glissait que je pourrais au moins acquiesser alors que la mauvaise m'encourageait à le féliciter : tout le monde croit effectivement que son boulot est pourri. Mais en fait, c'est pire.
Par dépit et lâcheté, j'ai bredouillé un "Jette toi à l'eau, courage". Il m'a souri.

Nos tasses finies, il nous a resservis et m'a passé une lettre à mon nom. J'aime bien les lettres. On devrait toujours écrire de vraies lettres aux gens à qui l'on tient. Un truc posé et réfléchi, sans abréviation ni correcteur d'orthographe. J'allais l'ouvrir mais il m'a dit d'attendre. De son sac BHV, il a sorti une enclume et des chaines et s'en ai fait un joli collier. Avant que le plouf ne vienne à mes oreilles, j'ai entendu "Tu as raison". Puis, quand la surface de l'eau ne fut plus troublée par les petites bulles d'oxygène, j'ai ouvert la lettre. Qui disait, en georgia 12 centré, "Bonne année 2006 à toi et à tous tes proches. Qu'elle vous apporte autant de satisfaction qu'à moi".

### What a wonderful weurld