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Tant crie-t-on Noël qui vient.

20
Déc ’04
00:17
Ma première fois, je l'imaginais un peu comme un conte de fée. Le jour qui n'arriverait jamais parce que tout était comme ça, avec les us et coutumes familiaux et religieux. Le jour qui, si jamais il arrivait, serait tout scintillant, sans aucune anticipation ni angoisse préalable, juste se laisser aller. Un peu comme dans un clip de Marylin Manson éclairé par toutes les guirlandes luminescentes de Léah (et quand on sait qu'il y en aurait assez pour faire palir de jalousie l'éclairagiste des illuminations des galeries Lafayette, on imagine à quel point scintillant veut dire quelque chose pour moi)

Cette année, pour la première fois, je passe Noël hors de mes pâturages normands. Je serai entre Cyrano et les pruneaux, à me gaver de foie gras en pensant à Monsieur Moyen et à regretter le père Noël qui ne sera que sur la péniche El Alamein mardi et mercredi et malheureusement pas dans le sud-ouest vendredi.

J'aime beaucoup Noël. J'en ai eu 23 plutôt cool et ça doit être la seule date fixe à féter qui me fasse plaisir.
Cette année, souhaitant faire de chouettes cadeaux originaux, j'ai fait un tour au carrousel des métiers d'art et de création parce que dans la pub, i' disaient "Au carrousel du Louvre, des cadeaux à tous les budgets !" (à peu près). Bon, il fallait peut-être entendre "à tous les budgets des gens qui habitent le 1er arrondissement" et il est vrai que si j'avais eu 1800 € à claquer, j'aurais volontiers craqué pour une espèce d'horloge murale ornée de tout un système mécanique superbe à regarder (car regarder le temps passer fait parti de mes loisirs).
Finalement, je me suis vite retranchée au virgin juste pour me rassurer sur mon pouvoir d'achat. Là-bas, j'ai pu voir qu'il y avait une suite au très bon "L'Odyssée de l'espèce", avec un bouquin génial et des dvd à sortir. Youpi, vivement Février. (Le bonheur est bien peu de chose parfois).

Et puis ce soir, je suis tombée là-dessus. Et je trouve ça mimi. Alors autant les calendriers, camstory, wishlists, quizz à la con et autres délires de mini-mégalo-bloggers, j'adhère moyennement, autant ça, ça me plait beaucoup. Alors bravo Juliet' et Monsieur Peer.

### Ma mort, jour apres jour. 33 trucs.

Aux grandes questions, les petites réponses.

12
Déc ’04
23:29
Quelqu'un est arrivé ici en cherchant dans google "Comment prier "saint jude" saint patron des causes perdues". Comme il n'y a pas de petite fierté et que je suis la seule réponse(1) googlienne à cette grande question, j'ai décidé de le prendre comme un honneur et de tenter d'apporter une solution mûrement réfléchie à ce problème, au combien complexe.

Première partie : le début.
Parce que comment prier les causes perdues ? Hein ? (5/5 pour l'introduction au plan)
Je pourrais tirer sur l'ambulance et dire que dès l'instant où on est au point de solliciter le sacré pour sauver une chose c'est qu'elle est déjà un peu fichue. Elle est le "A" de SIDA, le clic du Moudjahidin ceintré de TNT, le splatch de la première pelletée de terre sur le bois verni du cercueil.
Je veux dire, on prie quand on est endetté jusqu'au cou avec un salaire de misère, six enfants à charge  et qu'on roule en citroën. Ou encore lorsque Bidule est en phase terminale d'un cancer incurable (et qu'il roulait en citroën) mais quand on a juste une citroën et que l'argent n'est pas un problème, plus question de divine supplique : on change de caisse et basta. CQFD.
Je pourrais mais ne vais pas le faire. Après tout, les causes perdues, c'est un peu comme un con, on en a tous au moins une avec laquelle on vit en ayant pour elle un petit espoir qui ne s'exprime pas forcément par une envie de prière. Parfois des envies de meurtre suffiront...

Mais, admettons que pour une raison inconnue, il nous vienne l'idée de prier pour elle, faisant alors appel à des divinités quelconques (Zeus, Monsieur Propre, Jésus, Allah, Krishna, Buddha ou Jéhova *air connu*). Que faire ?
Pour les causes non perdues, on sait que l'on peut déjà :
- allumer un cierge (radin)
- Plusieurs. (radin, je t'ai vu, t'as mis tes anciens francs dans le tronc)
- Réciter diverses incantations dans des positions : debout, debout tête baissée, à genoux, à genoux tête baissée, puis relevée, puis baissée... A genoux en marchant (plus dur), en position de lotus (encore plus dur)... Attention, si vous faites tout cela nu et en présence de corps étranger(s), le curé et l'équipe audiovisuelle présente ne sont pas là pour "Le jour du Seigneur".
- se sacrifier soi-même. C'est assez rare par chez nous, on ne peut pas dire que les quelques exemples aient été marquées d'un franc succès, mais au final, on parle de vous et peut-être qu'un jour Mel Gibson en fera un film. Ceci dit, si c'est la popularité rapide qui vous intéresse, il suffit d'ouvrir un blog et dès que vous aurez atteint plus de 40 commentaires par post consensuel, vous pourrez dire que vous avez sauvé une cause perdue : vous.
- Il y a aussi l'option de faire un offrande aux Dieux par le biais de votre prochain, comme le montrent les Robins des bois dans leur "Histoire de France de avant à maintenant" à l'aide d'une représentation d'époque : "Banale scène de deux gaulois sacrifiant un des leurs dans le cadre de la campagne : "J'idolâtre mes Dieux, je leur sacrifie un ami"". Notons que cette option est largement choisie par certaines religions et politiques internationales qui n'hésitent alors pas à élargir la notion d'amitié et que la raison invoquée est toujours aussi perdue que la balle logée dans un corps allié sanguinolant.

Mais je m'égare. Et si les causes ne sont pas vraiment perdues, le fil de ma démonstration, lui, l'est complètement.

Deuxième partie : revanche.
Alors comment faire appel à l'au-delà pour une vaine intention sans risquer de se retrouver avec un hors forfait du tonnerre ? Comment sauver Moïse ET Boudu des eaux quand on ne porte pas le slip de bain comme David Hasselhoff ou Pam' Anderson ? Comment porter le slip de bain comme Pam' Anderson quand on s'appelle Moïse ou Boudu ? Comment, diantre, rétablir une situation qui semble être devenue totalement incontrôlable alors que même le président des Etats Unis d'Amérique n'y arrive pas ? Comment ? Comment ? Comment finir ce post, bordel ?

Troisème partie : enfin, la réponse.
Amen.(2)


(1) : alors en fait, j'ai commencé ce truc il y a deux semaines, et vous savez ce que c'est, on parle, on boit, on fume, on a une vie sociale débridée, une vie affective du tonnerre, un emploi qui nous bouffe le reste de votre énergie mais qu'on aime plus que tout grâce à des collègues extraordinaires, on enchaîne les expositions sensationnelles, les films qui bouleversent, les concerts qui font bouger jusqu'à l'aube, les représentations théâtrales et les bouquins qui tirent des larmes et pour le bien être, on court les séances de gymnastique suédoise. Mais avec tout ça, on oublie qu'on a un blog et on passe en deuxième dans le pagerank. Le bonheur cause le déclin de tout, ils l'avaient bien dit.

(2) : en fait, il suffit de faire genre vous avez beaucoup prié, et puis attendre que ça passe ou que d'autres y perdent leur temps à votre place. Je vous ai dit : une cause perdue, c'est comme un con, on en a toujours un sous la main.

### Ma mort, jour apres jour. treize trucs.

Meurtre en vers et contre tous.

6
Déc ’04
19:36
Elle était là, dans l'escalier.
Mais comme si souvent répété :
Un accident est si vite arrivé.

Un coup dans le dos, sec et brutal
Trois marches loupées lui furent fatales.
Atteinte elle est, l'épine dorsale.

Cassée en deux, en bas de marche
Perdue, elle a, tout son panache,
Vite la rouler dedans la bâche.

La prenant par dessous les bras,
Ma grande surprise, quelle ne fut pas,
Voir que cette chute ne l'acheva.

Forcée, contrainte, je décidai
D'y mettre du mien à coups de balai
Jusqu'en parler à l'imparfait.

Gisant maintenant,
Dedans son sang,
Cacher le corps pendant un temps.

Le calme venu, sortir enfin
Et constater que le malin
Ne meurt jamais parmi les siens.

A coeur vaillant, rien d'impossible,
La brûler vive, telle fut ma cible
Pour faire cesser l'indéfectible.

Forte d'un triomphe, criant victoire
Arrivant vite, des hommes en noir
Me firent avouer dans un parloir.

Perdue en taule, voilà une fin
Qui, je l'admets, me plaît moyen
La haine en plus, c'est d'un commun.

Il me faut donc mettre un hola,
Je le confesse, rien de tout ça,
N'est arrivé ou n'arrivera.

Ce qu'il me faut,
Dès maintenant,
C'est d'alterner,
Les rimes en "o",
Les rimes en "en",
Et puis m'ôter,
Ce sentiment,
Présent,
Bien trop.
Qu'est de vouloir,
Foutre le camp,
Quitte à avoir,
Du monde à dos.

Aussitôt dit, aussitôt fait,
Six mois plus tard, voilà que j'ai
Arrêter d'dire "Demain, j'y vais"
Je ne suis plus, celle que j'étais
Celle qui subit, celle qui se tait.

J'ai pris stylo et puis papier,
Trempé ma plume, dans l'encrier,
Ecrit mes maux par honnêté.

J'ai dit, c'est trop, je n'en puis plus
A moi chômage, sans rien sans dû,
Franchement sérieux, j'ai mal au cul.

La forme en plus, je vous l'confie,
Reste à achever, mon préavis,
Et puis après, bin c'est fini.

### Ma mort, jour apres jour. onze trucs.

Tel est pris qui croyait se pendre

1
Déc ’04
13:33
Alors voilà, on est le 1er décembre, c'est l'anniversaire de mon frère ("Bon anniversaire !") et mon colombien est parti en me disant "Bon je te ramène quoi ? Du café ? T'es pas très café toi, si ? Ou alors de la coke ?". A croire qu'il me lit.
Pendant son absence, en guise de vénézuélien, je récupère un couple d'italiens (c'est le taux de change). Ils ont le bon goût de parler français, ce qui tombe bien parce que le seul truc que je sache dire dans leur langue c'est "magasin fermé en août pour congé" et "boissons fraîches" *caser ici un rire idiot d'ado attardé*

### Ma mort, jour apres jour. quatorze trucs.